Commune de

Roumoules

Commune de Roumoules

La Fontaine de la République

Mairie - 6/1/2021

Cette belle Fontaine ornementale trône au bout de la Place de la République. Il en existe très peu dans les petits villages. Sa construction, ainsi que le lavoir arrière, a été décidée lors de la séance du Conseil Municipal de Roumoules du 13 Mai 1894, Monsieur Antoine Joseph AYMES était Maire de la commune.

 

L’idée de départ était de récupérer les sur verses des Fontaines de Cayoni et celle de Saint Blaise pour alimenter une fontaine et un lavoir publics, situés au milieu du village. Quatre autres fontaines / lavoirs existaient déjà sur la commune : celle de Cayoni, les deux de la Rue Grande et la plus ancienne en face du Café Bérard, Rue de Villeneuve.

Roumoules fait partie des 413 villes ou villages possédant un ou plusieurs monuments de place publique à l’effigie de Marianne. Il s’agit d’une fontaine-mur surmontée d’un buste de Marianne. Inaugurée en 1895, alimentée à l’origine à partir de sources par une conduite gallo-romaine en pierre qui desservait l’ancien château puis par une conduite en poterie, elle est maintenant raccordée au réseau municipal.

Extrait du livre sur les fontaines de Haute Provence de Louis Plantier aux éditions Edisud : « Les fontaines-murs »

« Celle de Roumoules est sans doute la plus représentative. Le mur de distribution est un véritable mur, de 6 m de long et 2,75 m de hauteur, en pierres taillées, terminé par une corniche et encadré par deux pilastres. L’eau coule par deux canons situés dans la partie centrale, à une grande hauteur, puisqu’ils sont à 1,10 m au dessus du niveau de l’eau dans l’abreuvoir, ce qui est rare. Cette fontaine a été construite en 1895, dans la partie nouvelle du village, terminant avec bonheur une allée bordée de platanes, qui constituait alors une promenade, tout à fait dans l’esprit des perspectives conçues au XIX° siècle dans de nombreuses villes. La volonté de contribuer à l’embellissement de la commune est ici évidente et entre dans le cadre d’un plan d’urbanisme, donnant ainsi à la fontaine une nouvelle signification, sans négliger pour autant son aspect utilitaire. Bien que sa conception relève d’une notion plutôt urbaine de la fontaine, elle reste intégrée à l’économie de l’eau : la surverse de l’abreuvoir emplit en effet le lavoir avant d’être utilisée pour l’irrigation des jardins situés à l’arrière. Cette forme particulière de fontaine permet de rendre le lavoir très discret, puisqu’il est totalement caché. Celui-ci, formé de trois bassins, est orienté vers le sud-est, bien à l’abri derrière le mur de la fontaine, contre lequel il s’appuie, protégé par un petit toit de tôles ondulées. Les pierres de lavage en calcaire blond veiné, sont à 80 cm du sol pour un lavage debout. Tout autour, un dallage en pierres taillées de grandes dimensions rend les abords très secs. »

 

À côté de cet argument fonctionnel, l’équipe municipale souhaitait aussi terminer la Place Publique, plantée de platanes, récemment aménagée. En cette fin du XIXème siècle où la République s’imposait dans les campagnes, les aménagements de places, appelées très souvent en Provence « Cours » (pensez au Cours Mirabeau à Aix) ou « Promenades » étaient très à la mode. Ces projets étaient souvent étoffés par la construction d’un monument public, une fontaine par exemple. Les plans, devis, bordereaux de prix ont été établis par M. BŒUF, Agent Voyer des Ponts et Chaussées du secteur cantonal de Moustiers-Sainte-Marie/ Riez, architecte du projet. Les matériaux étaient aussi précisés : pierre de taille de la carrière de Baudinard (Var) ; chaux des carrières de Sigonce, sable du Verdon. Le coût estimé du projet s’élevait à 2 000 francs de l’époque et accepté par une délibération du Conseil Municipal en date du 16 Septembre 1894. Le crédit pour financer cette réalisation a été pris sur la vente de coupes de bois extraordinaires dans la forêt communale des Saintes Maries. Pour l’adjudication, fixée pour le dimanche 21 octobre 1894, 2 maçons avaient soumissionné : M. Auguste COULOMB, maçon à Roumoules et M. Philippe MOUSSU, tailleur de pierres à Riez. M. MOUSSU fut retenu pour un prix de 1454 francs avec un rabais de 12%  (M. Coulomb avait fait une offre à 1 498 francs avec un rabais de 10%).

Les travaux de construction durèrent 7 mois en 1895. Par délibération du 25 Août 1895, le Conseil municipal de Roumoules a décidé de voter une somme de 350 francs pour l’achat d’un buste en bronze de la République et 2 vases d’ornement. Auparavant le Conseil Municipal voulait orner cette fontaine en construction du buste de Sadi Carnot, Président de la République assassiné quelques mois auparavant à Lyon, mais il n’existait que des bustes en plâtre de l’illustre homme.