Commune de

Roumoules

Commune de Roumoules

Léon Spariat

Mairie - 6/1/2021

« Un enfant de Roumoulo : l’abat Léon Spariat »

Eici à Roumoulo, neisse en 1861 
Léon Spariat, Capelan felibre(1)

Peut-être avez-vous remarqué, à l’entrée de l’église du village, une plaque portant ces inscriptions en provençal. Elle fut placée en août 1961, sur l’initiative du félibre majoral Raoul Arnaud, de Manosque, pour fêter le 100ème anniversaire de la naissance de Léon Spariat. Un prêtre félibre, né à Roumoules, qui l’eut crû !

Et pourtant, Léon Spariat est né le 18 août 1861 dans notre village, rue du Coulet, dans la maison qui appartenait, à cette époque à un dénommé François Aubert. Son père, Joseph, était menuisier, sa mère Marie Amélie Morenon était une fille du village. Fréule e magagnous (2), orphelin de mère très tôt, le petit Léon fut élevé par sa grand-mère avant de rejoindre son père, devenu menuisier à l’Arsenal de Toulon.

Désormais, le Var deviendra son pays d’adoption. En 1876, il prend ses premières leçons de latin, l’année suivante, à 15 ans, il entre au Petit Séminaire de Grasse et c’est là qu’il est conquis au Félibrige et à la beauté de la littérature provençale. Après Dieu, ce sera sa deuxième passion. En 1880, Léon Spariat poursuit ses études au grand séminaire de Fréjus et il rencontre Joseph Roumanille, un des pères fondateurs du Félibrige. Ordonné prêtre en 1885, il sera successivement curé du Bourguet, Rouvières, Aups, Pourcieux, Plan de la Tour, Saint-Mandrier et Pierrefeu. Dans toutes ces paroisses, l’abat mau foutu (3) comme il avait plaisir à se qualifier, a laissé le souvenir d’un homme de grand cœur, modeste, le verbe haut.

Très tôt, il commence à prêcher en provençal. Il écrit des poèmes et son « Saint Eloi de Broussinet » lui vaut son élection au majoralat en 1898 (Cigalo de Marsiho). Il rencontrera Frédéric mistral. Il fut un des meilleurs créateurs de langue d’oc, ses sermons vivants et énergiques sont suivis par la foule. Pendant la guerre de 1914-1918, aumônier de l’hôpital maritime de Toulon, il se dépensera sans compter auprès des malades et des blessés. Curé de Pierrefeu après la guerre, il démissionna en 1934 pour entrer, pratiquement paralysé, à l’hôpital St Joseph de Marseille où il mourut le 25 avril 1936. Il repose depuis dans le petit cimetière du Pont du Las à Toulon.

L’abbé Spariat est revenu quelquefois dans son village natal rencontrant des amis, leur écrivant aussi. Sa mémoire est restée vivace chez les anciens, elle doit être perpétuée comme sa devise d’ailleurs «  Quand as dre, resto dre » (Quand tu es dans ton droit, ne t’abaisse pas).

  • (1) « Ici, à Roumoules est né Léon Spariat, curé félibre »
  • (2) « Frêle et chétif »
  • (3) « L’abbé mal foutu »

 

Source: Mémoire de Maîtrise. Henri Castel. Hyères.
Bulletin d’information n°81 les Amis du Vieux Riez. L’Abbé félibre Léon Spariat de Paul Nongrès